Photo du mois de juin

Thème : le feu

poele

Du feu sans feu, chez nous. Des déboires avec un entrepreneur qui a fait faillite font que l’on attend depuis un an la cheminée de nos rêves.

Mais allez, on y croit, on a cherché un autre professionnel, plus solvable a priori, et finalement opté pour un poêle à granulés qui devrait être posé courant juillet.

D’autres flambées chez Akromax, Christeav, Djoul, Sinuaisons, Dr. CaSo, Xavier Mohr, Anne Laure T, Filamots, flechebleu, Caro from London , Cathy, Stephane08, scarolles-and-co , Lavandine, Cricriyom from Paris, Leviacarmina, Claire’s Blog, Angélique, A bowl of oranges, Morgane Byloos Photography, Thalie, Calamonique, Un jour, une vie, Meyilo, Alexinparis, magda627, Guillaume, Solveig, El Padawan, Hibiscus, Akaieric, La Nantaise, Caterine, Louisianne, François le Niçois, Chloé, Coco, E, Nie, Lau* des montagnes, Lucile et Rod, Les voyages de Seth et Lise, Testinaute, Cocosophie, Krn, Les voyages de Lucy, Mamysoren, Une niçoise, Cath la Cigale, Sophie Rififi, BiGBuGS, Happy Us, Giselle 43, Frédéric, La Fille de l’Air, Cara, Nicky, Gilsoub, Mimireliton, Alice Wonderland, Photo Tuto, Anne, Julie, MissCarole, La Papotte, Arwen, Agrippine, Ori, Pilisi, Cherrybee, Tuxana, Alban, Carnets d’images, Elodie, Thib, Carnet d’escapades, Blogoth67, Hypeandcie, Caro JulesetMoa, Xoliv’, Ava, Bestofava, Galinette, Laulinea, Gizeh, M.C.O, Cindy Chou, Wolverine, Isaquarel, DelphineF, Eurydice, Chat bleu, Viviane, Céline in Paris, Josiane, Christelle, M, Tambour Major, Isa ToutSimplement, Zaza, Mathilde, La voyageuse comtoise, Christophe, N, Fanfan Raccoon, Lyonelk, A’icha, Cekoline, J’adore j’adhère, Laurent Nicolas, La Messine, Marmotte, LisaDeParis, Dame Skarlette, Champagne, Renepaulhenry, Violette, The Parisienne, Homeos-tasie, Les bonheurs d’Anne & Alex.

Photo du mois de mai

Joli mois de mai… sous l’eau. Ça tombe bien, l’eau, c’est le thème de la photo de ce mois.

Du coup, après la pluie…

terrasse

Bourgogne, mai 2012.

Allez vous rincer chez Chat bleu, La Nantaise, scarolles-and-co , Cekoline, Wolverine, Zaza, Karoll art, Laure, Thalie, Alban, LisaDeParis, Petite Cuillère Charentaises, Cocosophie, Nie, Akaieric, Viviane, Carole In Australia, Claire’s Blog, Lavandine, Ori, Isaquarel, La Fille de l’Air, Guillaume, Xavier Mohr, Calamonique, Louiki, Sephiraph, Caro JulesetMoa, A bowl of oranges, Une niçoise, E, Les voyages de Seth et Lise, Meyilo, Gilsoub, Testinaute, Laulinea, Josiane, Angélique, Emma, Céline in Paris, Renepaulhenry, Julie, Hypeandcie, Les bonheurs d’Anne & Alex, Frédéric, Isa ToutSimplement, Lucile et Rod, Raphaël, Alexinparis, Coco, El Padawan, J’adore j’adhère, Dame Skarlette, Mclw, Krn, Champagne, Stephane08, Xoliv’, A’icha, Caterine, flechebleu, Solveig, La Messine, Christelle, Galinette, La voyageuse comtoise, Cricriyom from Paris, La Papotte, Ferdy Pain D’épice , Cathy, Bestofava, Christeav, N, Christophe, DelphineF, Louisianne, Pilisi, Eurydice, Filamots, Anne, Lyonelk, Cherrybee, Leviacarmina, La Flaneuse, magda627, Mamysoren, Happy Us, BiGBuGS, Kob, Caro from London , Tambour Major, Djoul, Nicky, Homeos-tasie, Tuxana, Dr. CaSo, M, The Mouse, Thib, Carnets d’images, Agrippine, Giselle 43, Photo Tuto, Fanfan Raccoon, Carnet d’escapades, Sinuaisons, Hibiscus, Un jour, une vie, Marmotte, Mimireliton, Karrijini, Cara, Arwen, Cath la Cigale, M.C.O, François le Niçois, Alice Wonderland, La Parigina, Lau* des montagnes, Les voyages de Lucy, Gizeh, Morgane Byloos Photography, The Parisienne, Akromax, Blogoth67, Violette, Caroline, Ava, Laurent Nicolas, Chloé.

Recueillement

Souvent, avec le klou, on a cette discussion de savoir si faire lire Racine, Flaubert, Gary et autres Ionesco à des lycéens, voire pire, des collégiens, ce n’est pas un peu donner de la confiture à des cochons.

J’ai suivi des dizaines d’élèves préparant le bac français, puis ici en Suisse la maturité, et je dois dire que c’est probablement le cas pour 75 % d’entre eux. Certains jours, il n’y a pas pire torture pour un prof de français que de voir un élève de 17 ans tenter en vain de percer la poétique nébuleuse de Beckett ou disséquer Voyage au bout de la nuit.

Je veux dire, peut-on vraiment attendre qu’un ado aux prises à des problématiques parfois cruelles, inhérentes à son âge, puisse dépasser la brutalité du récit de Céline pour en saisir le style magistral ?

Si on attend cela, on est optimiste. Trop.

Tout ça pour dire qu’au bac français, je suis tombée sur "Une Charogne" de Baudelaire. Je crois que mon seul ressenti à l’époque était "beuah".

Par chance, Baudelaire est revenu me titiller bien des années plus tard, quand plus aguerrie, et plus ouverte aussi, j’étais en mesure d’en saisir la profondeur (à tout le moins d’en avoir envie, ce qui est le point de départ de l’apprentissage).

Depuis, ce sonnet revient me hanter souvent. Il est approprié, par les temps qui courent :

Recueillement

Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.
Tu réclamais le Soir ; il descend ; le voici :
Une atmosphère obscure enveloppe la ville,
Aux uns portant la paix, aux autres le souci.

Pendant que des mortels la multitude vile,
Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci,
Va cueillir des remords dans la fête servile,
Ma Douleur, donne-moi la main ; viens par ici,

Loin d’eux. Vois se pencher les défuntes Années,
Sur les balcons du ciel, en robes surannées ;
Surgir du fond des eaux le Regret souriant ;

Le Soleil moribond s’endormir sous une arche,
Et, comme un long linceul traînant à l’Orient,
Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche.

Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, CLIX

Éloge de l’indifférence

J’ai compris très jeune que ma mère ne serait pas un roc contre lequel je pourrais m’appuyer, le soutien sans faille, le dernier recours à mes frayeurs enfantines.

Un enfant sent cela très vite et met en place des protections qu’il faudra des années à désarmer. L’enfant sait aussi qu’il ne pourra l’exprimer, par crainte d’autres humiliations, et l’exprime pourtant, par des moyens détournés, déviants.

C’est une multitude de petits évènements, de phrases fourbes qui blessent définitivement la relation.

C’est ce jour où ma mère a lu à voix haute une page de mon journal intime, pour mieux me traiter de folle, car ce qu’elle lisait lui semblait trop fantaisiste.

C’est ce jour où lors d’un repas de famille, ma mère a asséné qu’assurément élever une fille était bien plus difficile qu’élever un garçon (je suis la seule fille au milieu de 4 frères…).

C’est encore ce jour où elle m’a envoyée me faire couper les cheveux avec pour seul moyen de paiement un bon pour un brushing gratuit, me laissant, à 9 ans, faire face à la coiffeuse qui m’explique, au moment de payer, que le bon ne saurait régler la coupe et le shampoing. Et alors que je rentrais à la maison, humiliée et angoissée par les menaces de celle qui m’avait coiffée, c’est entendre ma mère répondre à ma plainte : "Ah, je m’en doutais. Mais tu as ta coupe maintenant."

C’est surtout ignorer la boulimie qui me bouffe à l’adolescence, me condamnant à n’être qu’« une voleuse de nourriture". C’est s’empêcher de considérer mon comportement comme un trouble, pour le maintenir au rang de péché. Un péché à expier.

Cette liste n’est malheureusement pas exhaustive et je vis avec ces petites tortures depuis longtemps à présent. Elles ont tué, il y a des années, la confiance que j’avais en ma mère. Peut-être aussi l’amour.

Aussi, aujourd’hui, c’est moins à ma mère que j’en veux, qu’aux hommes qui l’entourent, soumis et silencieux. Mon père qui ne s’est jamais interposé. Mes frères, qui devenus adultes, ne s’offusquent de rien, ou le taisent fort. Et puis aussi, mes belles-sœurs, appuyant ma disgrâce pour mieux se positionner en (belles-)filles idéales.

Arrivée à ce stade, je sais que cela fait trop de gens à haïr, pour bien vivre, pour garder la santé mentale et physique. Alors, j’appelle l’indifférence de mes vœux, celle qui empêche le dos de se bloquer, les larmes de monter, le cœur de se noyer.

Et, tu sais, je la vois qui approche, lentement, tendrement. Elle est là qui efface de mes contacts les gens qui portent le même nom que moi sur les réseaux sociaux. Elle est là qui classe les mails sans les ouvrir. Et, quand la maison-mère tire ses flèches venimeuses, c’est elle encore qui me pousse à ne contempler que les miens, mes amours.